Un outil simple issu des pratiques narratives

« Je suis nul. »

Parfois, la phrase tombe très vite.

Après une mauvaise note.
Après une remarque.
Après avoir essayé sans y arriver.
Ou simplement après s’être comparé à quelqu’un d’autre.

« Je suis nul en maths. »
« Je suis nul à l’oral. »
« Je suis nul pour me concentrer. »
« Je suis nul, de toute façon. »

Et le plus difficile, ce n’est pas toujours la difficulté elle-même.

C’est le moment où elle devient une identité.

Quand un jeune ne dit plus :

« J’ai du mal. »

Mais :

« Je suis le problème. »

Cette semaine, j’avais envie de te partager un outil que j’utilise beaucoup dans mes accompagnements, avec les jeunes comme avec les adultes.

Un outil simple, mais qui peut créer une vraie respiration.

Le problème n’est pas la personne

Dans les pratiques narratives, il y a une phrase que je trouve très puissante :

La personne n’est pas le problème.
Le problème est le problème.

Cela peut sembler être un détail.

Mais essaie de comparer :

« Je suis nul en maths. »

et :

« Le Découragement prend beaucoup de place quand je fais des maths. »

Dans la première phrase, le jeune est enfermé.

Dans la seconde, il peut commencer à regarder ce qui lui arrive.

Il peut observer ce Découragement.

Voir quand il arrive.

Comprendre ce qu’il lui raconte.

Repérer les moments où il devient plus fort.

Et surtout, découvrir les moments où il a un peu moins de pouvoir.

Parce que même lorsqu’un problème semble prendre toute la place, il ne gagne jamais tout le temps.

Un exercice à proposer dès aujourd’hui

La prochaine fois qu’un jeune te dit :

« Je suis nul. »

Tu peux lui demander :

« Si ce problème avait un nom, comment l’appellerais-tu ? »

Il peut s’appeler :

  • Monsieur « Je n’y arriverai jamais » ;
  • la Comparaison ;
  • le Nuage gris ;
  • la Peur de décevoir ;
  • le Perfectionnisme ;
  • la Petite voix qui critique tout.

Ensuite, tu peux explorer avec lui :

Quand est-ce qu’il vient te rendre visite ?

Qu’est-ce qu’il essaie de te faire croire ?

Qu’est-ce qu’il t’empêche de faire ?

Et surtout : quand est-ce qu’il a un peu moins de pouvoir sur toi ?

Cette dernière question est souvent celle qui ouvre quelque chose.

Parce qu’un jeune peut réaliser que le Découragement est moins fort quand il travaille avec quelqu’un.

Quand il fait du sport.

Quand il est encouragé.

Quand il comprend la première étape.

Quand il aide un autre élève.

Quand il crée.

Quand il est dans un environnement où il se sent à sa place.

Et là, on ne parle plus seulement de ce qui ne va pas.

On commence à voir les ressources, les alliés et les conditions qui permettent au jeune d’avancer.

Ce que cela change dans notre posture

Quand quelqu’un nous dit :

« Je suis nul. »

Notre premier réflexe est souvent de répondre :

« Mais non, tu n’es pas nul ! »

C’est doux.

C’est rassurant.

Mais parfois, la personne ne peut pas nous croire.

Parce qu’elle porte cette histoire depuis longtemps.

Alors, au lieu d’essayer immédiatement de la contredire, nous pouvons faire autrement.

Nous pouvons l’aider à mettre le problème à distance.

À comprendre qu’elle traverse quelque chose, mais qu’elle ne se résume pas à ce quelque chose.

Un jeune peut avoir des difficultés scolaires et être créatif.

Il peut avoir peur de parler et avoir des choses importantes à dire.

Il peut être découragé et continuer, malgré tout, à chercher une autre manière d’avancer.

Il peut vivre un échec aujourd’hui sans que cet échec devienne la suite entière de son histoire.

La fiche de la semaine à télécharger

J’ai créé une fiche à imprimer : « Le problème n’est pas moi ».

Elle permet à la personne accompagnée de donner un nom au problème, de repérer ce qui le renforce, les moments où il perd du pouvoir, et les alliés qui peuvent l’aider à reprendre sa place.

[ Télécharger gratuitement la fiche « Le problème n’est pas moi » ]

Parce qu’avant de demander à quelqu’un de changer, il faut parfois l’aider à se souvenir qu’il est bien plus grand que ce qu’il traverse.

Avec joie,

Carole
La Voie est Belle
Restauratrice d’histoires abîmées

P.S. : C’est l’un des outils que je transmets dans Pep’s tes accompagnements et que ‘on pratique dans le voyage IKIGAI, pour aider les professionnels à accompagner sans coller d’étiquettes et sans réduire une personne à son problème.

Tu sens qu’il est temps d’accompagner autrement, avec plus de sens ?

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